Des textes pour lâĂ©tĂ©
Ă travers les siĂšcles et les continents, les traditions religieuses et spirituelles ont donnĂ© naissance Ă dâinnombrables textes de sagesse, de priĂšre et de contemplation.
Nous vous proposons, pour cet Ă©tĂ©, quelques voix venues dâhorizons diffĂ©rents. Elles ne disent pas toutes les mĂȘmes choses, mais chacune ouvre un chemin vers lâintĂ©rioritĂ©, le silence, la paix ou la confiance.
Prenez le temps de les lire lentement. Revenez-y si un mot, une phrase ou une image vous touche particuliĂšrement.
âĄïž Une voix juive
Le psaume 148 est un immense chant de louange oĂč toute la crĂ©ation est invitĂ©e Ă cĂ©lĂ©brer le CrĂ©ateur : les anges, les astres, les montagnes, les arbres, les animaux, les peuples et les gĂ©nĂ©rations.
Alléluia ! Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le dans les hauteurs.
Vous, tous ses anges, louez-le, louez-le, tous les univers.
Louez-le, soleil et lune, louez-le, tous les astres de lumiĂšre ;
vous, cieux des cieux, louez-le, et les eaux des hauteurs des cieux.
Qu’ils louent le nom du Seigneur : sur son ordre ils furent créés ;
c’est lui qui les posa pour toujours sous une loi qui ne passera pas.
Louez le Seigneur depuis la terre, monstres marins, tous les abĂźmes ;
feu et grĂȘle, neige et brouillard, vent d’ouragan qui accomplis sa parole ;
Les montagnes et toutes les collines, les arbres des vergers, tous les cĂšdres,
les bĂȘtes sauvages et tous les troupeaux, le reptile et l’oiseau qui vole ;
les rois de la terre et tous les peuples, les princes et tous les juges de la terre ;
tous les jeunes gens et jeunes filles, les vieillards comme les enfants.
Qu’ils louent le nom du Seigneur, le seul au-dessus de tout nom ; sur le ciel et sur la terre, sa splendeur :
il accroĂźt la vigueur de son peuple. Louange de tous ses fidĂšles, des fils d’IsraĂ«l, le peuple de ses proches ! AllĂ©luia !
Paroles de sagesse
« Qui est sage ? Câest celui qui apprend de chaque homme⊠Qui est fort ? Câest celui qui domine ses penchants⊠Qui est riche ? Celui qui se rĂ©jouit de son sort⊠Qui est honorable ? Câest celui qui honore ses prochains. »
Ben Zoma â Maximes des PĂšres (Pirkei Avot 4,1)
« Un cĆur joyeux rend le visage serein. »
Livre des Proverbes 15,13
« Il y a un temps pour aimer, et un temps pour haïr. »
LâEcclĂ©siaste 3,8
« Pense Ă toutes les merveilles qui tâentourent et sois heureux. »
Anne Frank
âȘïž Une voix musulmane

Lâamour au-delĂ des mots
RĂ»mĂź â Odes mystiques (Ode 410)
Hier soir est venu chez moi celui qui illumine ma nuit.
Il est venu â si lâon peut appeler cela la venue â
Celui qui fait reverdir la poussiÚre et étinceler le firmament de joyaux,
Celui qui rend la patrie suave, bien que lui-mĂȘme soit sans patrie.
Il met dans la main de lâintelligence une chandelle, disant : « Prends et viens
JusquâĂ mon seuil qui est le refuge oĂč se guĂ©rissent les douleurs ».
Combien de fois sacrifieras-tu la chandelle au chandelier du corps ?
Si ce chandelier nâexistait pas, il en existe cent autres.
Tant que tu demeures dans ce monde fait dâargile, ta tĂąche consiste Ă jeter des mottes de terre ;
Toutes les paroles sont des mottes et elles brisent le cĆur.
La nature vĂ©ritable du miroir de lâĂąme consiste en la simplicitĂ© du cĆur ;
Ton dĂ©sir est dâĂȘtre Ă©minent dans les sciences et les arts ?
Laisse de cĂŽtĂ© tout cela ; parle plutĂŽt des qualitĂ©s de lâAmi plein de douceur,
Lui dont la grĂące est un aimant pour les atomes de lâunivers.
âïž Une voix chrĂ©tienne
Au-delĂ des mots,
au-delĂ des sons,
est le silence.
Vient un moment oĂč la contemplation
nâest plus que SilenceâŠ
Silence que la GrĂące dĂ©pose dans lâĂąme
en lâinondant de sa PrĂ©sence.
LâĂąme ne peut plus quâĂ©couter
le SilenceâŠ
Dans le silence dâun cĆur lĂ©ger,
Dieu souffle :
« Je tâattendais. »
đ Une voix chrĂ©tienne contemporaine
Francine Carrillo
LâImprononçable

Commencer par asseoir sa journée
Sur un linge de silence
Descendre au fond de soi
En-dessous des maux
En-dessous des mots,
Dans ce lieu sans lieu
OĂč sâannonce la rencontre.
Ne rien vouloir sinon ĂȘtre lĂ ,
Dans lâouverture Ă ce qui vient.
Se laisser faire et défaire
Par la pulsation de lâĂ©phĂ©mĂšre
JusquâĂ cet agenouillement du dedans
Qui signe la vraie priĂšre.
đ Une voix universelle
« Il y a ainsi des gens qui vous dĂ©livrent de vous-mĂȘme
aussi naturellement que peut le faire la vue dâun cerisier en fleur
ou un chaton jouant avec sa queue.
Ces gens, leur vrai travail, câest leur prĂ©sence. »
Christian Bobin
âš Une voix bahaâie
La Promesse de la Paix Mondiale (1985)

Aux peuples du monde
La Grande Paix Ă laquelle ont aspirĂ© profondĂ©ment les gens de bonne volontĂ© au fil des siĂšcles, dont prophĂštes et poĂštes nous offrent la vision depuis d’innombrables gĂ©nĂ©rations et dont les livres saints de l’humanitĂ© ont d’Ăąge en Ăąge recelĂ© la promesse, est enfin Ă portĂ©e des nations. Il est maintenant possible Ă chacun, pour la premiĂšre fois dans l’histoire, de voir toute la planĂšte et les innombrables peuples qui l’habitent, dans une perspective unique. La paix mondiale est non seulement possible mais inĂ©vitable.
C’est la prochaine Ă©tape de l’Ă©volution de cette planĂšte, ce qu’un grand penseur a appelĂ© « la planĂ©tisation de l’humanitĂ© ».
…
Il n’y a pas lieu de se dĂ©sespĂ©rer parce que l’on admet en toute sincĂ©ritĂ© que les prĂ©jugĂ©s , la guerre et l’exploitation furent l’expression de phases immatures d’un vaste processus historique et que la race humaine connaĂźt aujourd’hui les tumultes inĂ©vitables qui marquent son accession Ă une maturitĂ© collective. Cette reconnaissance constitue plutĂŽt une condition Ă©lĂ©mentaire prĂ©alable Ă la tĂąche prodigieuse de construire un monde pacifique. Nous vous demandons instamment de considĂ©rer qu’une telle entreprise est possible, que les forces constructives nĂ©cessaires sont prĂ©sentes et que des structures sociales unifiantes peuvent ĂȘtre mises en place.
La Promesse de la Paix Mondiale
Maison Universelle de Justice-1985
âžïž Une voix bouddhiste

PriÚre de dédicace (de Samantabhadra)
Sö nam di yi tam je zig pa nyi / tob ne nye peâi dra nam pam je ne / kye ga na châi ba long trug pa yi / sri peâi tso le dro wa drol war shog /
Puisse-je par ce mĂ©rite atteindre le stade de lâOmniscient et dĂ©passer ainsi toutes les limitations. Puisse-je libĂ©rer les ĂȘtres de lâocĂ©an de lâexistence et du dĂ©ferlement violent des vagues de la naissance, de lâĂąge avancĂ©, de la maladie et de la mort.
Theg chog dam chö rin chen nye pa di / dag gi so nam ta ye gang tob pa / de ne dro kun teg chog dam peâi cho / rin chen dri ma me peâi no gyur te /
Ă la faveur des mĂ©rites, quels quâils soient, que jâai gagnĂ©s Ă lâĂ©coute de ce saint Dharma du grand vĂ©hicule, puissent tous les ĂȘtres devenir des rĂ©ceptacles prĂ©cieux et immaculĂ©s, propres Ă soutenir les excellents enseignements du Dharma.
Du kyi de dang mu teg zhung kun dang / cho tar cho peâi mun trul du ma dang / zhen yang dro weâi nye war tse wa nam / dag gi tob kyi tse ne jom gyur jig /
Par ma vigueur, puissent toutes les forces nĂ©fastes, doctrines aux vues extrĂȘmes, formes diverses de dharmas [tissĂ©s] dâimposture et dâapparence, et tous autres maux que connaissent les ĂȘtres sensibles ĂȘtre complĂštement Ă©radiquĂ©s.
Si pa tam je du yang kor wa na / so nam ye she dag ni mi ze nye / tab dang she rab ting dzin tob dag dang / yon ten dyun gyi me ze dzo gyur jig /
Puissent tous les ĂȘtres, au long de leurs vies en ces mondes de lâexistence, atteindre mĂ©rite et sagesse inĂ©puisables et devenir ainsi le trĂ©sor perpĂ©tuel de toutes les qualitĂ©s des moyens habiles, de la sagesse, des samadhis et des pouvoirs.
Jam pal paâ wö ji tar kyen pa dang / kun tu zang po de yang de zhing te / de dag dun gyi je su da lob jing / ge wa di dag tam je rab tu ngo /
Selon toute voie que connaissent le vaillant Manjoushri et Samantabhadra afin de transfĂ©rer le mĂ©rite, je dĂ©die toutes mes vertus afin de pouvoir mâentraĂźner et parvenir Ă lâĂ©gal dâeux-mĂȘmes.
Du sum sheg peâi gyal wa tam je kyi / ngo wa gang la chog tu ngag pa de / dag gi ge weâi tsa wa di kun kyang / zang po chö chir rab tu ngo war gyi /
Par cette dĂ©dicace, louĂ©e comme suprĂȘme par les Bouddhas du passĂ©, du prĂ©sent et du futur, je dĂ©die toutes ces racines de vertu Ă lâaccomplissement des actes de Samantabhadra.
Jang chog kyong weâi kyob pa chog gyur pa / ke drub gya tsö yong su gang weâi ne / gang riâi trö dir ten pa sal dze pa / sa kya pa yi ten pa gye gyur jig /
Puisse cette sainte tradition de Sakya, cet océan de perfections et de connaissance qui sauve et soutient les royaumes du nord, à jamais prospérer et illuminer la vérité.
Gang jen bö kyi te wa dor je den / pal den sa kyeâi chö si gye gyur jig / trul peâi dung gyu gyun che me pa dang / kun kyang trin le nam kaâ nyam par shog /
Puissent les pouvoirs spirituels et temporels ĂȘtre accrus Ă Sakya, au cĆur et trĂŽne de Bodhi du Tibet. Puisse sa lignĂ©e se perpĂ©tuer sans interruption et son Ćuvre sainte, telle lâespace, ne connaĂźtre nulle limite.
